Lilas

En cette période de confinement, les sorties botaniques étant annulées, j’ai souhaité vous faire partager mes observations sur les fleurs du jardin : celles que vous avez plantées et celles qui poussent naturellement, en nous offrant des petits coins de nature à notre porte!
Une richesse pour les insectes, les oiseaux et autres animaux, en un mot : pour la biodiversité !  Agnès.

13 avril 2020

Aubépine ou prunellier?

Si c’est le 1er arbuste à fleurir dans les haies au début du printemps, au mois de mars, alors qu’il n’a pas encore de feuilles, s’il est impénétrable avec ses épines noires : c’est le prunellier (Prunus spinosa) ou épine-noire!

L’aubépine est l’arbre du mois de mai. Dans la mythologie romaine, l’aubépine (Crataegus monogyna) est dédiée à Maia, mère d’Hermès fêtée en mai, mois de sa floraison.
Ses fleurs apparaissent après la formation des feuilles et on l’appelle aussi épine blanche!

Prunellier

10 avril  2020

Semaine de Pâques!

Aujourd’hui, vendredi de la Passion : la Véronique de Perse (Veronica persica) de la famille des plantaginacées (celle du plantain, mais elle ne lui ressemble pas).

Comme toutes les véroniques, elle doit son nom à Ste Véronique qui essuya le visage du Christ, lors de son ascension au calvaire. Son visage s’imprima sur le linge et Véronique aurait ensuite guéri miraculeusement l’empereur Tibère de la lèpre.
Autrefois, la véronique officinale (une autre espèce) était utilisée en application externe pour soigner les maladies de la peau, comme la galle et la lèpre.

Petite adventice annuelle : elle pousse spontanément dans le jardin, sans y être invitée. Ses fleurs solitaires, perchées au bout d’un long pédoncule, sont d’un bleu délicat, nervuré de violet. 4 pétales forment la corolle. L’un est plus petit et plus clair que les autres. Au centre, pendent 2 étamines.
Ses feuilles ressemblent un peu à celles du lierre terrestre, mais plus petites.
Quand on la cueille, elle laisse tomber ses fleurs, sans qu’on y prenne garde !

véronique_perse

9 avril 2020

Les derniers fruits de l’hiver : les baies noires du Lierre .

Quand il rampe sur le sol ou grimpe sur un tronc d’arbre en s’accrochant grâce à ses crampons, ses feuilles, découpées en 5 lobes plus ou moins profonds, sont palmées.

Mais quand il arrive à la lumière, sur un mur ou au sommet de l’arbre, ses feuilles deviennent ovales et il fleurit!
C’est l’automne qu’il choisit pour ouvrir ses ombelles de petites fleurs jaunâtres qui offrent aux insectes nectar et pollen afin de résister à l’hiver.
Le lierre a même sa favorite : une abeille solitaire, la collète du lierre (avec 2L et 1T et non l’inverse…)

En hiver, toutes ces petites fleurs deviendront des fruits : une aubaine pour les oiseaux qui ont décidé de ne pas migrer. (Ces baies noires sont toxiques pour les mammifères, y compris l’homme).

Les Fake news : vrai ou faux!

  • Le lierre est un parasite pour l’arbre : FAUX
    L’arbre ne lui sert que de support.
  • Le lierre étouffe l’arbre : FAUX
    Ce n’est pas un étrangleur. Au contraire, il le protège et sert d’abri à beaucoup de petits animaux.
  • Autrefois, utilisé comme remède purgatif : VRAI
  • Il entre dans la composition de crèmes « anti-cellulite » : VRAI
  • Il dégrade les murs auxquels il s’accroche : FAUX
    Sauf si ce mur est déjà fissuré.
  • C’est un des principaux dépolluants de l’atmosphère : VRAI

Petits compléments : le Lierre grimpant (Hedera helix) fait partie de la famille des Araliacées.
Les crampons sont des racines adventives (qui apparaissent le long d’une tige).
Une ombelle est un ensemble de fleurs partant d’un même point et disposées sur une même surface sphérique ou plane.

Lierre Feuille

7 avril 2020

Le lierre terrestre (Glechoma hederacea)

On l’appelle aussi : herbe de St Jean, herbe du bonhomme, rondotte, (à cause de ses petites feuilles rondes, poilues et dentelées), violette de cochon (ses fleurs sont plus pâles que celles de la violette).

Il fait partie de la famille des lamiacées ou labiées. Ses fleurs ont une corolle bilabiée : formée de deux lèvres. L’une supérieure, échancrée et l’autre, inférieure, trilobée, avec des taches pourpres qui guident les insectes vers la source de nectar!
Il dégage un léger parfum mentholé, un peu citronné et une forte odeur d’humus.

Il n’a rien à voir avec le lierre (une autre famille), si ce n’est son côté rampant qui peut être envahissant… Vivace, il s’installe alors durablement!

Mais c’est une plante qui a beaucoup de vertus. Plante médicinale par excellence, elle est vulnéraire (aide à la cicatrisation des plaies), expectorante (soigne les affections bronchiques et pulmonaires), etc.

Les Vikings et les Celtes l’utilisaient pour clarifier, aromatiser et préserver la bière, avant l’usage du houblon.

Au moyen-âge, elle était au cœur de la magie blanche, magie à des fins positives (comme se protéger contre un adversaire ou les aléas de la vie). On en a bien besoin en ce moment et les plantes ont toujours quelque chose à dire !!!

Lierre terrestre

4 avril 2020

L’Anémone des bois (Anemone nemorosa), ou Anémone sylvie (du latin « silva » : la forêt) est une renonculacée aux fleurs blanches à sépales pétaloïdes…qui peut pousser dans votre verger au pied des arbres.

Si vous l’observez au cours de la journée, ses fleurs pivotent lentement, d’un même ensemble, en suivant le soleil dans sa course. Quand le nuit tombe ou quand le ciel devient gris, elles baissent la tête et se referment, empêchant ainsi la pluie ou la rosée d’abîmer leur pollen!
Après la formation de ses petits fruits, les akènes, la plante disparaît. Les graines seront dispersées par les fourmis, encore elles! Mais c’est surtout par son rhizome qu’elle se propage et progresse lentement, mais sûrement. On peut alors la trouver dans le petit bois derrière chez soi…

Plante toxique, les animaux l’évitent : elle prospère en toute sécurité!

3 avril 2020

Aujourd’hui, Un champignon de printemps : la Pézize couronnée (Sarcosphaera coronaria).
Les champignons ont toujours une longueur d’avance…

Rassurez-vous, je ne suis pas allée dans les bois pour le photographier. Il a été trouvé il y a quelques années dans le bois de Chèvremont lors d’une de nos sorties mycologiques, non loin de la pelouse à orchidées (il lui faut un sol calcaire et des conifères).

Ce champignon  pousse au mois d’avril.
Hors du commun, formé d’une sphère plus ou moins enterrée, il ouvre au ras du sol une coupe bordée d’une couronne et tapissée d’un hymenium lilas à violet, telle une bouche béante. Attention, toxique très dangereux. On peut s’en approcher…mais pas le manger!

Champignon du futur? Coronaria oui, mais pas Corona!!!

(Hymenium : surface fertile du champignon qui produit des spores)